« JE VOUS PRÉVIENS : NE PROVOQUEZ PAS LA RUSSIE » : JEFFREY SACHS TONNE CONTRE L'UE ET LES ÉTATS-UNIS
« JE VOUS PRÉVIENS : NE PROVOQUEZ PAS LA RUSSIE » : JEFFREY SACHS TONNE CONTRE L'UE ET LES ÉTATS-UNIS
Cette phrase, prononcée par l’économiste Jeffrey Sachs devant le Parlement européen, a fait l’effet d’une bombe. Elle a traversé les frontières, les fuseaux horaires, les barrières linguistiques. Elle est devenue virale. Pourquoi ? Parce qu’elle a osé dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Parce qu’elle a mis le doigt sur une vérité que les capitales occidentales tentent désespérément d’étouffer sous des tonnes de communication guerrière.
Aujourd’hui, nous allons décortiquer ce discours choc. Nous allons comprendre pourquoi cet homme, conseiller économique de renommée mondiale, ancien professeur à Columbia, s’est levé et a tonné contre l’Union européenne et les États-Unis. Et surtout, nous allons analyser ce que cela signifie pour nous, citoyens français, pour notre sécurité, pour notre avenir.
Commençons par le contexte. Nous sommes en 2024, bientôt 2025. Le conflit ukrainien dure depuis près de trois ans. Les lignes de front bougent à peine. Les pertes humaines sont colossales. Et pourtant, au lieu de chercher une issue diplomatique, les gouvernements occidentaux, menés par Washington et Bruxelles, continuent d’envoyer des armes, d’autoriser des frappes sur le territoire russe, de repousser toujours plus loin les lignes rouges.
C’est dans ce climat que Jeffrey Sachs a pris la parole. Et il n’a pas mâché ses mots.
« L’expansion de l’OTAN vers l’Est, a-t-il déclaré, a été une erreur monumentale. Nous avons promis à Gorbatchev que l’OTAN ne s’étendrait pas d’un pouce vers l’Est. Nous avons menti. Nous avons construit un mur autour de la Russie, et maintenant nous nous étonnons qu’elle réagisse. »
Réfléchissons une seconde. Jeffrey Sachs n’est pas un inconnu. C’est l’homme qui a conseillé des gouvernements, qui a participé à la transition économique de l’Europe de l’Est après la chute du mur. Il connaît ce dossier sur le bout des doigts. Quand il parle de promesses non tenues, il sait de quoi il parle. Et ce qu’il dit, c’est que l’Occident, par orgueil et par aveuglement, a provoqué cette guerre.
Regardez cette frise. 1999 : Pologne, République tchèque, Hongrie. 2004 : Estonie, Lettonie, Lituanie, Slovaquie, Slovénie, Roumanie, Bulgarie. 2009 : Albanie, Croatie. 2017 : Monténégro. 2020 : Macédoine du Nord. 2023 : Finlande. Bientôt la Suède.
Que ressentiriez-vous si, chez vous, on construisait une clôture électrifiée autour de votre jardin, en avançant chaque année d’un mètre de plus vers votre porte d’entrée ? La Russie a posé la même question, en des termes bien plus brutaux, en 2022.
Mais Jeffrey Sachs ne s’est pas arrêté là. Il a attaqué de front la politique de sanctions. « Les sanctions, a-t-il dit, ne punissent pas la Russie. Elles punissent l’Europe. Elles détruisent votre économie, elles font monter vos prix de l’énergie, elles appauvrissent vos citoyens. Et pendant ce temps, les États-Unis vous vendent leur gaz quatre fois plus cher. »
Voilà une vérité qui dérange. Depuis le début du conflit, les dirigeants européens, y compris les nôtres, nous répètent que les sanctions sont nécessaires, qu’elles finiront par faire plier Moscou. Mais les faits sont têtus : l’économie russe tient bon, sa production de pétrole et de gaz se réoriente vers la Chine et l’Inde, tandis que les usines européennes ferment les unes après les autres, que l’inflation galope, que le pouvoir d’achat s’effondre.
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Qui paie le prix de cette guerre ? Pas les actionnaires des industries de défense américaines, qui engrangent des bénéfices records. Pas les dirigeants politiques, qui surfent sur la vague du patriotisme de guerre. Non. Ce sont les Français, les Allemands, les Italiens, les Espagnols. Ce sont les gens qui remplissent leur caddie, qui font le plein de leur voiture, qui tentent de chauffer leur logement.
« Vous jouez avec le feu, a-t-il lancé. La Russie possède l’arsenal nucléaire le plus important du monde. Provocateur après provocateur, vous poussez le monde vers une escalade qui pourrait être incontrôlable. Pourquoi ? Pour quoi ? Pour l’Ukraine ? Ou pour l’hégémonie américaine ? »
C’est peut-être la question la plus importante de ce discours. Pourquoi l’Occident refuse-t-il obstinément la négociation ? Pourquoi les accords de Minsk, signés en 2014 et 2015, n’ont-ils jamais été appliqués ? Pourquoi, quand la Russie a proposé un projet de traité de sécurité en décembre 2021, l’OTAN l’a-t-il rejeté sans même l’examiner sérieusement ?
Jeffrey Sachs a une réponse : parce que les États-Unis ne veulent pas d’une Europe stable et indépendante. Ils veulent une Europe dépendante, divisée, incapable de mener sa propre politique étrangère. Ils veulent affaiblir la Russie, certes, mais aussi affaiblir l’Union européenne, devenue trop puissante, trop autonome.
Et nous, nous laissons faire. Nous laissons nos dirigeants nous entraîner dans une guerre qui n’est pas la nôtre, pour des intérêts qui ne sont pas les nôtres. Nous laissons les médias nous marteler une propagande simpliste : les gentils Ukrainiens contre les méchants Russes. Comme si le monde réel était un film de super-héros.
La réalité est plus complexe. Des deux côtés, des gens meurent. Des deux côtés, des familles pleurent. Et pendant ce temps, les marchands de canons se frottent les mains.
Alors, que retenir de ce discours de Jeffrey Sachs ?
D’abord, que la vérité finit toujours par éclater. Ce discours est devenu viral parce qu’il résonne avec ce que beaucoup d’entre vous ressentez : une fatigue, une colère, une incompréhension face à une guerre qui n’en finit pas, face à des dirigeants qui semblent sourds à la raison.
Ensuite, que nous avons le pouvoir d’agir. Pas en descendant dans la rue avec des pancartes, pas en insultant nos voisins. Mais en nous informant, en posant des questions, en exigeant de nos élus qu’ils cessent de nous mener en bateau. La démocratie, ce n’est pas voter tous les cinq ans et se taire entre-temps. C’est un combat quotidien pour la transparence et la paix.
Jeffrey Sachs a lancé un avertissement. Un avertissement que nous ferions bien d’entendre. Parce que la guerre, la vraie, celle qui pourrait tout emporter, n’est pas une fatalité. Elle est le résultat de choix politiques. Et ces choix, nous pouvons les contester. Nous pouvons exiger une autre voie. Une voie de diplomatie, de raison, de respect mutuel.
Je vous laisse avec une question : jusqu’où laisserez-vous vos dirigeants vous entraîner avant de dire « stop » ?
« La paix n’est pas une faiblesse. La paix est une force. »
Clark'n News ! (Publicado en facebook el 29.6.26)

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