Les médias privés seront-ils capable de prendre le relais de la SSR?

Les médias privés seront-ils capable de prendre le relais de la SSR?
 

Le 8 mars prochain, la Suisse votera sur l’initiative visant à réduire la redevance à 200 francs. Les médias privés pourraient-ils compenser un affaiblissement de la SSR? Blick fait le point.
Le 8 mars, la Suisse se prononcera sur le futur budget de la SSR.

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Tobias Bruggmann

La SSR tremble. Le 8 mars prochain, la Suisse votera sur l’initiative visant la SSR. Celle-ci entend abaisser la redevance radio et télévision à 200 francs. Cela impliquerait «une nette réduction des programmes et des émissions», a averti le ministre des médias Albert Rösti.

Les fournisseurs privés devraient probablement prendre le relais. Mais est-ce réaliste? Et dans quels domaines pourraient-ils le faire? Blick a posé la question à une douzaine de stations de radio et de télévision.

Les radios régionales sceptiques

Beaucoup font profil bas. De nombreuses chaînes locales, notamment en Suisse alémanique, appartiennent au groupe de médias CH Media. Ce n’est pas à la rédaction en chef de répondre aux questions sur le journalisme local, mais la direction, nous dit-on au sein du groupe. Celui-ci apporte déjà une contribution importante au service public. Cela comprend des émissions d’information et des talk-shows, mais aussi du sport régional.

«Indépendamment de l’issue de la votation, CH Media examine en permanence de nouvelles émissions pour la télévision régionale.» Il sera décisif qu’à l’avenir, la SSR se concentre davantage sur ses domaines de prédilection et «tienne davantage compte des prestataires privés» dans le sport et le divertissement. Cela correspond toutefois aux projets liés à une nouvelle concession.

Les stations de radio, elles, expriment des réserves. Radio Südostschweiz souhaiterait certes développer sa couverture médiatique, mais se heurte au manque de ressources. Engager du nouveau personnel n’est «pas réaliste» dans un avenir proche.

Même constat chez Radio Beo: la disparition de la SSR serait vivement regrettée. Elle constitue un complément de qualité à l’offre existante. Le budget est trop limité pour recruter de nouveaux journalistes. A Radio Fribourg aussi, on précise: «Cela ne serait envisageable que si nous bénéficiions d’une augmentation massive de nos recettes sur le marché publicitaire – ce qui est loin d’être garanti, bien au contraire.»

Le marché publicitaire ne suffit pas

Le Tessin serait particulièrement touché par une réduction de la SSR. Celle-ci répartit en effet les fonds entre les régions linguistiques. Le Tessin reçoit davantage qu’il ne perçoit via la redevance. La chaîne locale Tele Ticino ne pourrait pas intervenir de manière significative pour remplacer la SSR. «Le marché publicitaire régional n’est pas en mesure de supporter une extension structurelle d’une telle ampleur», explique son directeur Sacha Dalcol.

Il serait certes possible de continuer à se développer, mais pas de remplacer l’offre de la SSR. L’engagement de personnel supplémentaire n’est pas non plus financièrement envisageable. Sacha Dalcol précise: «En outre, à l’heure actuelle, on ne sait même pas quel serait le profil de la RSI en cas d’acceptation de l’initiative, de sorte que toute hypothèse opérationnelle serait prématurée.»

Le football oui, le reste incertain

Dans le domaine du sport, la chaîne Blue constitue une alternative. Elle diffuse par exemple les matches de la plus haute ligue suisse de football. Blue précise: «Indépendamment de cette initiative, nous évaluons en permanence le marché des droits sportifs. Des retransmissions supplémentaires doivent compléter notre offre de manière appropriée et être rentables.» 

Blue évalue en permanence le marché des droits sportifs, indépendamment de cette initiative.
Photo: Pius Koller

Mais les perspectives sont plus incertaines pour les sports dits marginaux, auxquels les privés devraient difficilement s’intéresser. La SRF a par exemple diffusé les championnats du monde de course d’orientation en 2025. On peut toutefois douter de leur rentabilité économique.

Le divertissement doit être rentable

Dans le secteur du divertissement, la chaîne 3+, également propriété de CH Media, occupe déjà le terrain. Elle mise sur des formats et des émissions en direct produits à grands frais. «Les fournisseurs privés peuvent en principe produire de telles émissions. La condition est que ces productions puissent être financées par la publicité ou le sponsoring.»

Pour la fenêtre suisse de ProSieben et Sat.1, la couverture médiatique est planifiée selon les critères «intérêt des téléspectateurs et rentabilité». Des émissions en direct ont déjà été produites spécialement pour le marché suisse: «Nous prenons de telles décisions de programmation indépendamment de l’initiative de la SSR.»

«Il n'y a pas de droit à la diffusion»

Pour le conseiller national UDC Gregor Rutz, le débat reste théorique. «La SSR dispose de facto d’un monopole dans de nombreux domaines. Les chaînes privées ne peuvent même pas envisager ce qui se passerait sans elle.» Les émissions d’information doivent continuer à être assurées par la SSR, estime le Zurichois. «L’argent y est bien utilisé. Des économies peuvent être réalisées ailleurs, par exemple dans le divertissement ou sur les réseaux sociaux.»

Le conseiller national UDC Gregor Rutz affirme que la SSR doit faire des économies dans le domaine du divertissement et des réseaux sociaux.
Photo: Keystone-sda.ch

Gregor Rutz accepte que les sports marginaux ne soient plus retransmis. «Il n’y a pas de droit à la retransmission.» En matière de divertissement, la SSR pourrait laisser davantage de place aux privés. Mais ces derniers dépendent de la publicité – un défi alors qu’une part croissante des recettes est captée par les groupes américains Google et Meta. «Au lieu d’exiger toujours plus d’interdictions de publicité, nous devons assouplir les restrictions en Suisse. Les privés pourront alors diffuser plus facilement des émissions.»

Conclusion: tout reste ouvert

Quelle que soit l’issue de la votation, la SSR se verra attribuer un nouveau mandat de prestations: la fameuse concession. Elle devrait alors se concentrer davantage sur l’information, avec plus ou moins de moyens. Pour les chaînes privées, en revanche, la situation évoluerait peu. Il est permis de douter qu’elles puissent combler entièrement le vide dans le divertissement et le sport.

Il est évident que la télévision et la radio n’ont plus, et ce depuis longtemps, l’importance d’autrefois. En dehors des Jeux olympiques, de nombreux jeunes regardent au mieux des programmes en différé et s’informent via des portails d’actualité ou les réseaux sociaux. L’offre y est encore plus vaste.

 

Extrait de: https://www.blick.ch/fr/suisse/votation-sur-la-redevance-qui-comblera-le-trou-dans-la-caisse-id21706933.html?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=high-five-daily&utm_content=2026-02-20

 

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